25 janvier 2007

Euphémismes - euphéministère

C'est connu, nous sommes à l'heure de l'euphémisme, parfois ad nauseam. Un vieux est devenu un aîné, une personne du troisième âge, ou même du quatrième, si elle a passé le cap de l'espérance de vie ou un peu plus, je ne sais où se situe cette limite en fait... On pourrait multiplier les exemples, mais je ne le ferai pas.

En fin de journée aujourd'hui, au boulot, après les cours, on nous a présenté un survol de la réforme * (On en fait quelques fois, de ces survols, mais on manque cruellement de temps pour aller plus en profondeur ou on manque de renseignements utiles à nous transmettre, le ministère étant souvent avare de formation ou d'informations pour nous, enseignants...)

*Oups ! Pardon ! je voulais dire du Renouveau pédagogique (OU "Réforme, prise 2", mais ça fait un peu poste de télé Péladien pour émissions déjà vues au moins 150 fois !)

On nous présente donc ce survol du programme, où j'avais parfois l'impression de perdre mon latin. Je n'ai rien contre plusieurs éléments de cette réforme (l'utilisation de ce mot est plus forte que moi !), mais j'en ai contre certains termes inutilement complexes pour ne pas dire alambiqués. C'est souvent le festival de l'euphémisme ou de la formule alambiquée dans la formulation, ne serait-ce que le nom des cours... L'être humain, organisme vivant : de qu'ossé ? Ça sera "juste" un cours de biologie, ça ! Quoiqu'il doit bien y avoir une variante quelque part, mais on ne le sait pas encore, et ce sera pour septembre 2007 en 3e secondaire !!! (On va le savoir quand ?) Parfois, c'est à se demander si, pendant qu'on court comme des queues de veaux entre deux locaux, entre deux pavillons, entre deux réunions de cas d'élèvesou autres, ou entre deux appels aux parents (sans parler de nos préparations, de nos cours et de nos corrections, qui constituent le lot quotidien normal), c'est à se demander, donc, si, pendant qu'on court, il y a quelqu'un, quelque part, dans une tour ministérielle, qui s'amuse à pondre ces termes, probablement souvent après de longs longs efforts et après de multiples questionnements sur l'emplacement de telle ou telle virgule...

Ça doit être pour ça qu'on appelle ça le Ministère de l'Éducation et des Loisirs (Chasse et pêche avec ça ?) Le loisir de certains dans la tour, c'est de nous en enlever à passer du temps à essayer de comprendre le pourquoi du comment...

Bon, OK. J'avoue mon cynisme, ce soir. Ça doit être la fatigue de fin d'étape. Je suis ordinairement d'un naturel positif, mais je me permets de me questionner (c'est mon loisir de cette fin de soirée ;-)

2 commentaires:

François Guité a dit...

Plutôt que de changer des mots et des expressions, le MELS ferait bien de changer les choses, celles qui entraînent réellement le changement. Dans les faits, il faut changer à la fois le phénomène et le mot.

À quand une réforme du MELS ?

Sylvain a dit...

Ça prendrait un autre rapport Parent pour re-créer un ministère, ou une autre structure, qui aide au lieu de se déifier (ou s'auto-déifier) en prescrivant (caradctère obligatoire ou dictatorial) un paquet de petits détails non fondamentaux, pendant que le fondamental, lui, ne change pas vraiment et, surtout, manque son adaptation...